21/06/2006

jogging de Verviers

Une ambiance incomparable...jamais vu ça ailleurs...on se croirait au Tour de France...la fête des coureurs...le vrai vainqueur est le public...

Voilà des commentaires de coureurs qui découvrent le jogging de Verviers, et c'est pas des commentaires de Verviétois !

J'ai fait les 25 éditions, à peu près toujours à fond et même un peu plus.

C'est l'objectif de la saison et c'est chaque fois l'angoisse avant et ...souvent mais pas toujours...le bonheur mêlé à du soulagement après.

Pour l'angoisse, c'est encore le cas cette fois-ci. Une contracture une semaine avant, alors que je tenais une de ces formes ! Merde et merde et remerde. Florence m'a accompagné pour courir et comme je sentais que la guibolle c'était pas ça je lui ai proposé de courir avec elle. Elle m'a envoyé promener "Fais ta course..".   

Je me suis à moitié inséré dans le peloton, peu envieux de m'encaquer dans la cohue et le moral au fond des chaussettes.

Signal de départ sous le soleil (oui, il faut toujours beau et chaud au jogging). Presqu'une minute pour passer le portique puis une descente prudente plus en trottinant qu'autre chose. Le mollet tire mais pas trop. J'accélère progressivement mais en restant très prudent. Je dois être vers la 300 si pas la 400ème place. Finir sous l'heure si tout tient, voilà mon seul objectif...à part terminer, bien sûr. La place...bof. Et dire qu'il y a une semaine je pensais pouvoir être en-dessous de la 120ème place, voire taquiner les 100 premiers.

Je remonte quand même, en douceur. La raideur semble s'estomper mais je sais que ça peut lâcher à tout moment : un "coup de poignard" dans le muscle et c'est la Bérésina. 

Première figure connue : Philippe Jetteur, le trailer ancien copain de classe. La chaleur, c'est pas trop son truc mais c'est un malin. "On va en ramasser des paquets". Un peu plus de 12 minutes au 3 km. Pas si mal. Je passe devant à Gérardchamps. Ca tient toujours. Premier ravito. Boire et se rafraîchir. Gérardchamps, c'est le four. Deuxième tête connue, Bob Olivier. Courte conversation :"...j'y vais mollo...moi aussi...je sors d'un Delhalle...j'ai une contracture...". Je passe quand même devant. Tout doucement le rythme s'est élevé.

La côte s'amorce. Foule dingue comme d'hab. Joëlle est là mais je ne la vois pas. Ca commence déjà à craquer un peu partout dans le peloton. Les tuyaux d'arrosage sont à la fête. Premier mur, passé souplement. La jambe tient. L'espoir remonte. Deuxième ravito.On cite la place approximative : 240 et quelque chose. Fichtre, c'est loin ! Mais devant c'est un gros paquet de coureurs en souffrance, à portée. Certains commencent à marcher. Si tout ce passe bien, je devrais bien terminer sous les 200 !

Je suis bien content d'être parti relax parce que maintenant c'est costaud.  

2ème mur. Ca fait un bail que personne ne m'a dépassé alors que je remonte sans cesse. Ca chauffe même s'il y a quand même plus d'air qu'en bas. Content de retrouver l'asphalte (eh oui, tout arrive).

Dernier muret. Un peu mal au ventre mais ça m'était aussi arrivé à Haccourt où j'ai couru super de chez super. Je rattrape les premiers gamins. Sommet et toujours cette foule dantesque. "Allez les Hautes Fagnes". Porter la tenue du club c'est un bon truc pour se faire encourager même si l'on ne vous connait pas ! Troisième ravito, souffler un coup et repartir. J'entends parler de 175ème place ...eheheh. Et je ne sens plus ma "contracture-élongation" ! Devant la foulée bien sur ses appuis d'un crossman : André Marchal ! Ca devient plus sérieux ! Pas à la dérive mais je le sens moins fort que moi. Je passe devant. Le clan des "Van O" spectateurs de toujours. Ma filleule essaie de faire une photo et je distraits même ma course pour elle. Rarissime chez moi. No stress et moral en plein boom. La montée de la rue de l'Usine s'approche et je vois mon vieux rival devant : Pierre Brouwier. Il souffre. Je pense revenir sur lui tranquillos dans la côte mais presque sans le vouloir je suis à sa hauteur dès les premiers mètres. Passer devant et ne pas se retourner. A Verviers, je ne fais pas de prisonnier. 

Ca devient dur mais je dépasse toujours. 160ème me semble t-il entendre.

Heusy. Toujours ce monde dingue, une ambiance de match de football et de course cycliste de montagne. Cors, tam tam, applaudissements, cris encouragements. Même quand ils ne sont pas pour vous, il faut les prendre.

Moraifosse, vicieux car le chemin est moins roulant et monte imperceptiblement. Un endroit toujours délicat pour mes mollets. Le droit commence à tirer (celui qu'est pas blessé...c'est classique ici). Mais ça tient. Moi je souffle dur. C'est long et je suis bien content de sortir des sous bois pour prendre la descente de la rue des Prés. Pour la première fois je ne peux plus vraiment suivre le type qui est devant moi. Heureusement, c'est plutôt lui qui est fort que moi qui coince. Je sais que je vais encore en baver mais que je ne craquerai pas. Autour de la 140ème place. Sauf cata, je serai donc sous les 150. Chemin de la Saussaie puis  Rouheid. J'y dépasse Christian Franck, sans même le remarquer, c'est lui qui me le dira après. Je m'étais blessé là l'année passée et dû laisser filer une dizaine de place. Ici, j'en grapille encore l'une ou l'autre. Bientôt la dernière côte.

Grimaces et contorsions mais c'est à l'ombre ! Allez, on va pouvoir laisser filer les jambes. Une petite voix intérieure me crie "Ne te blesse pas vieux c...". Bientôt la longue descente terminale vers le stade. J'entends des pas derrière. J'ai plus beaucoup de dash, ceux qui reviennent sont plus jeunes et je n'en suis pas à lutter à mort. Stade. Dans le dernier virage, j'attaque quand même les 2 gars devant mais je suis moi-même remonté par eux ou d'autres ...peu importe. 131 ème en 56 et un gros quelque chose. Victoire ! Je n'aurais jamais cru ça une heure avant !

Arrivée, médaille et boissons. Là je suis nase ! Faudra que je m'occupe de Florence mais d'abord récupérer.

Vestiaire-douche : retrouvaille des vieux potes : Christian, Jacques, Philippe...Ne manque que Jean-Luc mais lui arrive plus tard. Autre temps, autre rythme. Que j'aime Verviers et son jogging.

Bon, faut retrouver Flo. Je ne dois pas chercher loin, elle est sur la pelouse, elle affiche une bonne mine. Elle a bien couru, pour une première fois, sans guère d'entraînement et à pas même 13 ans. 1h22. Ouf je pourrai retourner à la maison.

 

A l'année prochaine...

01:01 Écrit par Yves Pirlet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |