21/05/2006

Assez de béton pour les piétons (et autres...)

1040 signatures pour un chemin à Braives !

 

Tout ça dans une modeste entité rurale de 5000 habitants, qui semble bien gérée, et où la population va avoir de toute façon, comme partout ailleurs, l'opportunité de sanctionner en bien ou en mal six années de gestion communale. Toute proportion gardée, en une grosse semaine, cette pétition a eu 10 fois plus de succès que celle concernant le crime de la gare centrale à Bruxelles.

 

Ca peut sembler bizarre de récolter en trois coups de cuillères à pot plus d'un millier de signatures pour un motif a priori bien anodin. Car pas question ici de lutte contre le racisme, de prévention de la violence urbaine, de danger environnemental majeur, de désastre social. Non, simplement la volonté de préserver du béton l'assiette d'un joli chemin champêtre. Un petit kilomètre de voirie non revêtue, sentant le gazon, l'humus et la terre humide.

 

Alors, pourquoi une telle réaction ?

Parce que les gens en ont marre ...marre du béton, marre de voir supprimer, effacer, remblayer ou simplement altérer ce qui reste de la petite voirie rurale. A quelques pas de là : le Ravel... revêtu en dur. On y a bien mis une couche (une pellicule plutôt) de gravier mais grattez dessous ...c'est bien du dur. Plus loin, les plateaux hesbignons avec des myriades de chemins de remembrement bétonnés, bitumés, tracés au cordeau, sans âme et sans attrait.

 

Promeneurs, marcheurs, joggeurs, cavaliers pleurent pour la préservation des derniers hectomètres de chemins non revêtus mais nos édiles semblent n'en avoir cure. Les cyclistes ?...la large majorité d'entre eux sont des vététistes qui fuient tant que c'est possible le béton tentaculaire.

 

Les arguments des bétonneurs : rendre les chemins accessibles à tous : comme si les gosses de 5 ans ne savaient pas tenir sur leur jambes ailleurs que sur du bitume. Comme si les jeunes parents ne savaient pas pousser une poussette Mac Laren, Chicco ou Teutonia sur un chemin stabilisé à la dolomie. Et les handicapés ? Le succès des "joëlettes" ne montre-t-il pas que ceux-ci espèrent et recherchent dans la nature un monde autre que de béton. Et tant qu'à dépenser des deniers pour l'accessibilité, l'autorité publique n'aurait-elle pas d'autres priorités ? Ne fût ce que d'entretenir convenablement la voirie déjà revêtue, trottoirs en premiers !

 

Car un kilomètre de chemin en dur coûte cher : 100.000 euros au bas mot. Souvent bien plus. C'est largement subsidié, dixit le bourgmestre de Braives. Donc c'est payé par le cochon de contribuable wallon - dont moi - qui n'aura pas le loisir de se venger lors du scrutin communal.

 

Ma seule manifestation publique sera donc de crier au maïeur local que non, les gens n'apprécient pas que l'infrastructure vicinale d'un parc naturel soit dénaturée. De rappeler aussi aux ministres wallons qui ont décidé de "raveliser" en dur que non, décidément non, les utilisateurs des chemins ne veulent pas, ne veulent plus s'ils l'ont jamais voulu, du béton en milieu rural et que, non, ils n'acceptent pas les alibis parfumés à la sauce du politiquement correct pour gaspiller les fonds publics...

 

A ces gestionnaires publics qui ont consacrés tant de nos sous à bétonner et asphalter tant et plus, demandons (ou plutôt exigeons) qu'ils déploient la même énergie, le même zèle à rendre accessible les chemins et sentiers vicinaux actuellement fermés, clôturés, labourés, usurpés par des riverains irrespectueux envers l'infrastructure publique. Y'a matière !

 

 

 

PS : toute mon estime va aux valeureux membres de l'asbl Chemins Burdinale-Méhaigne qui ont lancé -avec quel succès !- la pétition en question.

19:04 Écrit par Yves Pirlet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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